Une finale déjà historique

Pour la première fois, la Nouvelle-Zélande et l’Australie se retrouvent en finale de la coupe du monde. Le gagnant entrera dans l’histoire comme le premier pays triple vainqueur du trophée Webb Ellis. Cette finale oppose deux modèles que tout oppose.

Alors que la finale 2003 fut la seule année à proposer une affiche sans l’Australie et la Nouvelle-Zélande, 2015 est la seule à ce jour réunissant les deux puissances de l’hémisphère sud. Un premier événement pour ce match qui a tout pour rentrer dans l’histoire. Le dernier coup de sifflet de Nigel Owens propulsera le vainqueur en haut de la hiérarchie mondiale avec un troisième titre de champion du monde. Pour les Wallabies, c’est la possibilité de réussir un triplé en terre britannique. Pour les All Blacks, c’est l’occasion d’être les premiers à conserver leur titre. Pour arriver au dernier match de ce mondial, les deux équipes ont connu des trajectoires bien différentes.

 

La continuité pour la Nouvelle-Zélande

Avec la promotion de Steve Hansen à la tête de l’équipe, la fédération néo-zélandaise avait fait le choix de la continuité après le titre de 2011. Présent comme adjoint de 2004 à 2011, l’actuel sélectionneur connaissait parfaitement l’équipe. Bien que l’objectif soit de réaliser le doublé, le mandat de Steve Hansen est déjà une réussite avec 92% de victoires. La dernière défaite remonte au mois d’août contre l’Australie dans la «finale» du Rugby Championship (un format de championnat sans réelle finale). Le hasard du calendrier réservant comme dernier match de la compétition Australie – Nouvelle-Zélande avec le trophée promis au vainqueur.

 

Pour prendre sa revanche, le staff néo-zélandais a gardé son équipe de la demi-finale. Aucun changement par rapport à la victoire sur l’Afrique du Sud mais trois comparés à la défaite en Australie. Le pilier Woodcock et le deuxième ligne Romano ne sont pas présents sur la feuille de match alors que Sonny Bill Williams débutera sur le banc. C’est la paire habituelle de centre Smith-Nonu qui débutera pour la dernière fois avant de se retrouver dans le Top 14. En troisième ligne, le capitaine Richie McCaw jouera son 22e match de coupe du monde égalant l’Anglais Jason Leonard. En course pour le titre de meilleur joueur de l’année, Dan Carter et Julian Savea seront au rendez-vous. L’ailier a une nouvelle occasion d’établir le record d’essai sur une coupe du monde.

La construction rapide pour l’Australie

Un an. C’est la mission impossible qui a été donnée à Michael Cheika. Le 22 octobre 2014, l’entraineur passé par le Stade Français, a pris les rênes de la sélection australienne. Pour relever ce défi, il impose ses conditions et notamment la possibilité de sélectionner les Australiens jouant à l’étranger. Dans la ligne de mire de Cheika, Matt Giteau. Avec l’accord de la fédération, le Toulonnais fait son retour sous le maillot des Wallabies et emmène dans ses valises Drew Mitchell. Un retour inespéré pour l’ailier mais gagnant avec 4 essais inscrits dans ce mondial. Dans l’urgence, l’Australie a rapatrié de l’expérience, un changement payant avec un Rugby Championship et une finale de coupe du monde en attendant peut-être mieux.

 

Pour la finale, Michael Cheika retrouve son pilier Scott Scio. Seul changement de la demi-finale victorieuse, il s’est remis d’une blessure au bras. Un retour primordial pour résister a la mêlée néo-zélandaise. Israel Folau, peu en vue depuis le début de la compétition, est maintenu au poste d’arrière. David Pocock et Michael Hooper, en course pour le meilleur joueur de l’année, forment la troisième ligne avec Scott Fardy. Intraitable dans les rucks, Pocock a une mission de taille avec le cas McCaw a géré dans cette bataille au sol. Si de nombreux All Blacks connaissent une deuxième finale, il reste un survivant de l’épopée de 2003 chez les Wallabies. Présent lors de cette finale perdue, Matt Giteau, douze ans après, tient sa seconde chance de soulever le trophée Webb Ellis.

CATEGORIES
Share This