Les 4 fantastiques venus du Sud

Pour la première fois quatre équipes d’un même hémisphère se retrouvent en demi-finale de la coupe du monde. Pour la septième fois en huit éditions, la coupe du monde sera la propriété de l’hémisphère Sud. Les 4 fantastiques (l’Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande, l’Argentine et l’Australie) vont se livrer une belle bataille.

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La Chose Sud-Africaine

Le personnage de Marvel incarne la puissance à l’état pur de la bande des 4 fantastiques. Une force et une résistance surhumaine autant de caractéristiques qui sied bien à l’Afrique du Sud. Les Springboks fatiguent leurs adversaires en imposant un intense défi physique. Ajoutant à cela une endurance à toute épreuve qui permet aux hommes de Heyneke Meyer de faire la différence dans le final. Le quart de finale face au Pays de Galles en est la parfaite illustration. Si Schalk Burger est deuxième au nombre de passages de la ligne d’avantage, il est accompagné par trois autres coéquipiers dans les 14 premiers (De Jaeger, Etzebeth et De Allende). Ce classement exprime toute la puissance sud-africaine en montrant que ce sont les avants qui portent le plus la balle. Le centre Damian De Allende est utilisé pour sa puissance plutôt que ses appuis.

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La puissance et la classe de Vermeulen contre le Pays de Galles.

Une fois la défense adverse concentrée, les lignes arrières peuvent profiter des différents espaces. Au nombre de percées, les Springboks sont bien représentés avec Bryan Habana, Willie Le Roux et le deuxième centre Jesse Kriel parmi les 14 meilleurs du mondial. Si JP Pietersen ne perce pas autant que ses coéquipiers, ses capacités de finisseur lui ont permis d’inscrire quatre essais. Pour enrailler la machine sud-africaine, il faut d’abord résister aux assauts des hommes forts avant de contenir la vitesse des gazelles. En ce qui concerne la défense, Burger et De Jaeger sont tout simplement sur le podium des meilleurs plaqueurs du mondial. Une activité impressionnante pour ces deux hommes, après tout la Chose a des poumons plus grands que la normale.

 

Les torches humaines de Nouvelle-Zélande

La Torche humaine peut prendre feu selon ses désirs et a comme passe temps favori de rendre fou de rage la Chose. L’Afrique du Sud est le pire ennemi de la Nouvelle-Zélande. Les All Blacks enflamment la foule et ce dès l’avant match avec leur haka (en référence au dieu du soleil). Le trident arrière profite de tous les ballons depuis le début du mondial pour survoler leurs adversaires. Julian Savea en est déjà à huit essais soit le meilleur total de l’histoire (à égalité avec Jonah Lomu et Bryan Habana). Au nombre de percées, Smith, Savea et Milner-Skudder sont dans le top 5 de la compétition. Avec 19 défenseurs battus, les jambes de feu de Milner-Skudder ont fait plus de dégâts que celles de ses coéquipiers.

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Julian Savea en mode Jonah Lomu.

Si Ben Smith est primordial dans l’avancée de son équipe en portant 22 fois le ballon au delà de la ligne d’avantage, il n’est pas le meilleur de son équipe. C’est Kieran Read qui se montre omniprésent en attaque (25). Le supersub Sonny Bill Williams n’est pas en reste avec 23. Sa qualité de passes après contact permet d’accélérer les attaques All Blacks s’il y en avait encore besoin. Utilisé comme impact player, le centre fait parler la poudre en multipliant les courses. Impressionnante du 1 au 15 en quart de finale, la Nouvelle-Zélande aligne  peut-être la meilleure équipe de son histoire.

 

Les invisibles Argentins

Jane Storm a la capacité de se rendre invisible, idéal pour surprendre ses adversaires. Un pouvoir qui résume parfaitement le parcours des Argentins dans ce mondial. Sous le feu des projecteurs après son match inaugural contre les All Blacks (défaite 26-16), ils ont disparus des radars. Les trois matches du groupe passés sans encombre, l’Argentine est l’équipe la plus offensive de la phase de poules (179 points inscrits). Dans la lignée de son équipe, Nicolas Sanchez est le deuxième meilleur réalisateur de la coupe du monde. Juan Imhoff fait partie de la meute des poursuivants derrière Savea avec 5 essais inscrits. L’ailier du Racing auteur de 10 percées et de 15 défenseurs battus joue dans la même cour que les meilleurs ailiers.

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Le puma joue avec sa proie.

Arrivés au point où les Argentins ne pouvaient plus se cacher, l’explosion en quart de finale a fait grand bruit. Bien que diminuée, l’Irlande a été balayée (43-20) et l’Argentine n’est plus invisible. Bien que sa victoire fût retentissante, elle garde son costume d’outsider, toujours en retrait par rapport aux trois ogres du Sud. Déjà parmi le gratin mondial, la progression fulgurante de cette équipe n’est pas prête de baisser. Dès l’année prochaine, l’équipe nationale se retrouvera dans le club argentin engagé en Super Rugby de quoi perdurer au plus haut niveau mondial.

 

Bernard Foley et David Pocock, les Mrs Fantastiques australiens

Le dernier de la bande possède une intelligence exceptionnelle en plus de sa capacité d’élasticité, Mr Fantastique. A la fois la tête et les jambes de l’Australie, Bernard Foley est l’homme à tout faire de l’équipe. Dépositaire du jeu de son équipe par son poste de demi d’ouverture, il force la décision par ses initiatives. Il est l’auteur du plus grand nombre de percées côté australien devant Drew Mitchell. Sa haute performance contre l’Angleterre (28 points) a montré toute sa vista inscrivant ses deux essais de la compétition. En quart de finale contre l’Ecosse, l’ouvreur a tremblé mais a su se ressaisir pour passer la pénalité de la gagne.

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Bernard Foley, le régulateur.

L’élasticité de Red Richards trouve écho dans le numéro 8 des Wallabies. David Pocock est le meilleur gratteur de ce mondial avec 10 ballons gagnés. Absent lors du quart de final, son équipe a été bousculée par les Ecossais (34-35). Son retour est primordial pour remettre son équipe sur le bon chemin. Une présence de poids dans les rucks qui permet de prendre l’adversaire de vitesse et d’initier les contre-attaques. Le second absent de marque lors du quart de final est la pépite Israel Folau. Deux absences qui peuvent expliquer certaines difficultés éprouvées face à l’Ecosse. Pour se hisser en finale, les hommes de Michael Cheika devront retrouver leur visage de la phase de poule avec un Foley dominant et une défense absorbant tous les coups (comme face aux Gallois à 13 contre 15).

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