Une défaite sans contestation qui pousse les Bleus vers les Blacks

C’est la septième fois que la France retrouve la Nouvelle-Zélande en coupe du monde. La défaite contre l’Irlande (24-9) montre tout ce qu’il ne faut pas faire. Les Bleus doivent présenter un autre visage pour poursuivre leur aventure.

irelanda

«Les Irlandais sont exceptionnels, c’est vrai.» La déclaration pleine d’ironie de Philippe Saint-André après France – Canada s’est avérée exacte. Ses joueurs n’ont rien pu faire pour offrir à leur sélectionneur une première victoire face à l’Irlande. La première mi-temps a été un défi physique permanent ce qui devait convenir parfaitement aux Bleus avec une préparation intense et un jeu basé sur la puissance. Si avec un peu plus de réussite au pied, le XV de France pouvait espérer être en tête, il est bien relégué à trois points des Irlandais (9-6). Les Français ne trouvent pas les solutions en attaque et se cantonnent à la défense.

 

Des statistiques cruelles

Les cinq meilleurs plaqueurs du match portent le maillot tricolore. Celui qui termine sur la première marche est le meilleur atout offensif de l’équipe, Louis Picamoles (20). Anormal mais il prouve qu’il est le meilleur joueur de son équipe puisque même sans ballon, il se rend indispensable. Les Irlandais ont eu 69% de possession, ont parcouru 436 mètres contre 250 pour la France. Il faut dire qu’avec seulement 2 petits mètres, Mathieu Bastareaud n’a pas eu son impact habituel. Là où le bât blesse c’est sur les ballons perdus, 8 pour l’Irlande contre 18 pour la France. Dépassés dans la bataille des rucks, il était impossible pour les Bleus de déployer son attaque et d’envisager la victoire.

 

Sean O’Brien dans les bons et mauvais coupsoconnel

Malgré la perte de Jonathan Sexton en première période et de Paul O’Connell à la mi-temps, l’Irlande ne s’est pas déréglée. C’est Sean O’Brien qui a mené la barque. Dès la 3e minute il a mis Pascal Papé à terre d’un coup de poing plus qu’illicite. Pas pris par la patrouille, le troisième ligne va alors être dans tous les bons coups. Présent dans les rucks, il vole trois ballons aux Français avant de les défier à 19 reprises (record du match). L’Irlande a aussi pu apprécier la partition rendue par Madigan. Privé de son maître à jouer Sexton, son remplaçant a brillé. La deuxième ligne a été au rendez-vous avec Toner en touche et Iain Henderson qui a remplacé au pied levé la légende O’Connell qui a peut-être vécu son dernier match en vert.

 

Et maintenant les Blacks

C’est devenu un classique de la coupe du monde. C’est la septième fois que la France et la Nouvelle-Zélande se retrouvent au mondial, plus que tout autre affrontement. Les Bleus n’ont pas la faveur des pronostics mais ont réussi par deux fois à faire tomber les Blacks. Seuls l’Australie (2) et l’Afrique du Sud (2) ont mis les Néo-Zélandais à terre en coupe du monde. Une première victoire en 1999, une deuxième en 2007 et si les calculs sont bons une troisième en 2015. Le contexte est à peu près identique avec des Tricolores qui semblent loin du niveau de ses adversaires surtout après le match contre l’Irlande. Ils devront montrer un tout autre visage et notamment se lâcher offensivement, retrouver le French Flair qui fait leur force dans ces moments là. La baisse de régime après le retour des vestiaires comme dimanche est interdite puisque c’est à ce moment que les All Blacks accélèrent et écrasent leur proie. Il faut tenir 80 minutes (voire plus) pour espérer un miracle.

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